Pour une relation LOL

La version américaine du film français LOL, qui montrait Sophie Marceau confrontée aux aléas de sa propre vie et dans le même temps aux tribulations de sa fille, est pleine de clichés très représentatifs du quotidien d’un parent et d’un ado au sein d’une même famille.
Des adultes qui d’un côté travaillent, assument toutes les responsabilités du foyer et tentent en parallèle de lutter aussi contre le temps qui passe en relançant une vie sentimentale en perdition. Et des jeunes obnubilés par des découvertes en séries;  le corps, les musiques du monde, le look, le manque, la jalousie et les envies à deux vitesseshappy-time-3-1095867-m. Envie d’être comme les autres mais d’être remarqué. Envie que nos parents nous lâchent un peu mais qu’ils ne nous abandonnent jamais. Envie de dire « même pas mal » et en même temps d’être consolés.
L’adolescent a surtout besoin de temps pour incorporer et assimiler les changements, que ces derniers se passent dans sa tête, dans ses bras et sa poitrine ou bien dans le regard des autres. Or, ce temps ne leur est pas accordé ou si peu. Nous n’avons pour eux, reconnaissons-le, aucune patience.
Et pourtant, secoue-t-on exagérément quelqu’un qui digère? Pourquoi les ados énervent-ils tellement? Oui, bien sûr, ils sont parfois égoïstes, rentrent très tard et se lèvent quand le soleil est au zénith, rechignent souvent à faire le moindre effort, provoquent des conflits avec tout ce qui passe à proximité de leurs grandes bouches ou de leur grotte en perpétuel fouillis; il est vrai aussi qu’ils prennent la maison pour une station-service dans laquelle ils viennent faire le plein d’argent; de vivres ou de repos avant de repartir vers leurs copains, vers leur vie « principale » peut être. Mais s’ils ont le don de faire sortir parfois le plus mauvais de nous-mêmes, il y a deux éléments clés qui expliquent beaucoup de notre ressentiment un peu automatique envers eux. La première explication est qu’ils vivent la vie avec ferveur: leurs amis sont des « frérots » du même gang avec lesquels ils organisent des fêtes folles et colorées. Ils sont amoureux jusqu’à la folie, que ce soit de leur petite copine ou de leur joueur de foot favori. Leurs sentiments sont herculéens, leurs déceptions sourdes et définitives. Et donc ils nous renvoient l’image terne et sage de nos propres existences. Une image qui nous dérange.

Le second point, lui, nous renvoie aussi à nos propres névroses; la peur de la séparation, de l’abandon, du temps qui ne reviendra plus, nous rapprochant un peu plus aussi de ces lendemains incertains, dépourvus de caprices d’enfants à domicile. Et donc, à travers le conflit, nous nous raccrochons encore un peu à nos enfants.

Raison de plus pour commencer à raisonner calmement et à chercher – et trouver- la voie menant à une relation riche et pleine avec nos adolescents.

Une relation « lol ».

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