Pourquoi ce Blog?

bernard-zanzouri-n&bMon ado veut se faire tatouer; il n’a pas le sens de l’effort, boude les fêtes de famille; il a grossi et parfois refuse même de se laver; accro aux
marques, il dépense déjà trop et pourtant rêve d’un scooter; ses résultats au collège sont affligeants, mais il s’en fiche et passe les heures qu’il devrait consacrer à ses devoirs sur Facebook; il se croit à l’hôtel, sort avec une fille décérébrée au look gothique et nous parle à peine, ment comme un arracheur de dents en arborant fièrement ses piercings et en murmurant des secrets à son portable, ce petit confident boutonneux et indiscret. Je le soupçonne de fumer du cannabis en regardant ses séries débiles et…

Il y a quelques mois de cela, le magazine Psychologies publiait un supplément au titre éloquent: « mon ado et moi, petit guide anticrise ». Les dix lignes qui précèdent ne représentent qu’un résumé incomplet – sous une forme rédigée – de la table des matières quelque peu affolante de cet ouvrage. Comment notre petit bonhomme, naguère souriant et collé aux jupes de sa mère, est-il devenu le mollusque aux goûts lugubres qui traine la patte dans la maison avec son casque sur les oreilles. Et cette étrangère, affublée d’un immense tatouage dans le dos et maquillée comme une Barbie, qui habite chez moi et fait la grimace dès que je frappe à la porte de sa chambre: qui-est-ce?

Notre enfant grandit et, trop souvent, nous échappe. Parfois, c’est sans douleur…jusqu’au coup de fil du commissariat. Ou du lycée. Ou encore de la mère d’un de ses copains qui vous apprend, par hasard, qu’il n’était pas avec eux le week-end dernier comme il vous l’avait affirmé.
Impression d’avoir été trompés. Ou d’être poussés sur la touche. De n’être plus calculés par celui ou celle auquel vous avez tout sacrifié.
Si Pierre Corneille nous racontait cette histoire, les larmes nous monteraient aux yeux. Et pourtant, derrière ce récit aux allures de drame se cache la vie, avec tout ce qu’elle a parfois de plus drôle ou de plus beau. Le corps de notre enfant change, ses idées s’affirment, ses amis prennent plus de place, plus de poids. Il doit se détacher progressivement de vous pour exister. On ne lutte pas contre des faits, et nager à contre-courant en permanence risque de vous épuiser physiquement et mentalement. Pour rien. Le but de ce blog, qui vient couronner plus de trente ans sur le terrain en compagnie de ces petites terreurs qui ne demandent en fait qu’à appréhender au mieux le défi de vivre, est de vous enseigner plus en profondeur comment fonctionne un ado, ce qu’il ressent, comment il aime et ce qu’il hait, pour pouvoir accepter les implications que cela va inévitablement avoir sur votre comportement et sur votre perception des choses. De vous apprendre à relativiser aussi au jour le jour, les scénarii les plus inquiétants qui ne sont souvent que d’incontournables étapes d’un salutaire développement. Puis de vous aider à vous fixer des buts concrets et réalistes, une politique visant à restaurer une communication et une confiance qui vous permettront, demain, d’orienter votre ado en étant pour lui centraux et crédibles. Comme doivent l’être des parents.

Bernard Zanzouri est un spécialiste de l’éducation informelle. Né en 1963 en Tunisie, il grandit en France puis émigre en Israël à l’âge de vingt ans. Alors étudiant en sciences politiques à l’université de Jérusalem,
il comprend que sa vocation – et sa passion – est l’éducation. Ancien directeur du mouvement de jeunesse Tikvatenou, formateur de centaines d’animateurs de la communauté juive de France, il est également un des fondateurs du Centre national des étudiants francophones à Jérusalem en  1987.
Conférencier spécialisé en pédagogie de l’adolescent, il est aujourd’hui un des experts de la commission culture juive de la fondation pour la mémoire de la Shoah. Depuis deux ans, il travaille sur un projet de résolution de conflits intergénérationnels – la méthode A.D.O – qu’il compte conjuguer en autant d’ateliers et de séminaires destinés aux parents d’ados. Pour, comme il le dit, changer la donne.